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dimanche, 13 janvier 2013

A quoi sert l'armée française ?

Armée française

13/01/2013 05:55:25

A quoi sert l'armée française ? Voilà une question qui n'encombre guère le débat public. Pourtant, à un moment où l'on ne parle que de discipline budgétaire, il n'est pas superflu de rappeler que l'État consacre 30 milliards d'euros chaque année à l'entretien d'une armée dont les missions sont franchement détestables.

En complicité avec celle des Etats-Unis, cette armée est, essentiellement, employée à des opérations de combat et de subversion contre des pays qui n'ont souvent comme seul tort celui de posséder des ressources naturelles convoitées.

La doctrine officielle voudrait que l'armée française soit destinée à la défense du territoire, ce qui est parfaitement contradictoire avec le fait que ses effectifs, notamment ceux de l'armée de terre, sont en constante diminution. En réalité, les unités opérationnelles qui sont au centre de l'attention de l'État sont les forces spéciales auxquelles on confie à l’extérieur « des missions qu'on ne peut confier aux autres unités ». Elles comptent aujourd'hui près de 4.000 hommes. [1]

Quant à la coûteuse force nucléaire, dont la destination stratégique reste ambigüe, elle n'a pour seule finalité que de permettre au complexe militaro-industriel d’engranger des superprofits de monopoles avec la construction de tout un arsenal de sous-marins, missiles, porte-avions et autres chasseurs-bombardiers Rafale… [2]

Pour ajouter à la confusion qui entoure les questions militaires, Hollande parle de « défense européenne », alors que celle-ci n'existe pratiquement pas et que le peu qui a été mis en place se trouve sous la dépendance stratégique des Etats-Unis. Dépendance des États-Unis qui, pour la France, s'est confirmée avec sa réintégration, en 2009, dans le commandement intégré de l'OTAN. [3]

La rhétorique républicaine de « défense nationale » est un leurre. La France, par les intérêts de sa classe dirigeante, appartient à la triade impérialiste Etats-Unis/Europe de l'Ouest/Japon qui n'a de cesse d'assurer ou de consolider sa domination économique et politique sur les pays de sa périphérie.

Au service d'une telle politique, l'armée se verra toujours confier des missions de police et de répression aux conséquences sanglantes pour les peuples concernés, comme elles l'ont été hier au Vietnam et en Algérie, et comme elles le sont aujourd'hui en Afghanistan, en Libye ou en Côte d'Ivoire...

Comment, après un tel constat, ne pas renouer avec le combat antimilitariste qui a été longtemps celui du mouvement ouvrier ?

Amédée Dunois écrivait en 1921 : « Nous ne pouvons renoncer à la propagande antimilitariste. Capitalisme, impérialisme, militarisme - en d'autres termes, Capital et État - forment un tout indivisible ». [4]

Jean-Pierre Dubois

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[1] Déclaration du général Bertrand Ract Madoux, chef d'état-major de l'armée de terre. Ce sont des éléments de ces forces spéciales qui sont intervenus secrètement sur le terrain en Libye pour aider les « rebelles », contrevenant ainsi à la résolution de l'ONU.

[2] Ce complexe, avec ses pratiques mercantiles et opaques, dispose d'ailleurs de son représentant au sein même du ministère avec la présence du délégué général pour l’armement. Ce poste est actuellement occupé par Laurent Collet-Billon qui, en 2006, a rejoint Alcatel comme conseiller pour les affaires de défense et de sécurité du groupe. Conflit d’intérêts ?

[3] Un coût d'environ 175 millions d'euros par an pour le contribuable français, mais l'assurance d'emplois de prestige pour quelques centaines d'officiers « OTAN-compatibles ».

[4] Amédée Dunois, Bulletin communiste n° 27 (deuxième année), 30 juin 1921.http://www.marxists.org/francais/dunois/works/1921/06/con...

Adhérent du Parti socialiste (SFIO) en 1912, Amédée Dunois intègre la rédaction de L'Humanité et devient un proche de Jean Jaurès. Opposant à la guerre de 14-18 et à son acceptation par la majorité de son parti, il milite avec différents minoritaires pacifistes, comme Pierre Monatte, Alfred Rosmer, Boris Souvarine. En décembre 1920, il participe à la création du Parti communiste - Section française de l'Internationale communiste (SFIC) dont il devient membre du comité directeur.

09:21 Écrit par Bermudas Weed | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

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