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dimanche, 13 janvier 2013

LMP : tenir compte de la multipolarité de la lutte

 

Marche de la liberté le 18 Fev devant la prison de Scheveningen den Haag Holland

Feu Félix Houphouët-Boigny a dit que l’homme évolue, mais seuls les imbéciles ne changent pas. A tout prendre, il avait raison et les derniers évènements de la période électorale lui donnent encore pleinement raison. Le président Laurent Gbagbo qui est loin d’être un homme stupide, s’est entouré de gens qui ont confondu le sommet de l’Etat de Côte d’Ivoire avec les ordres religieux. Nous, nous disons que le pouvoir d’Etat est le centre névralgique de tous les intérêts contradictoires.  Il faut par conséquent se garder de s’y comporter  en  enfant de chœur. Non seulement les prophéties à deux balles ont définitivement achevé la descente aux enfers du régime de Laurent Gbagbo, mais à ce jour, des gens croient encore que nous sommes au temps de Pharaon contre Moïse et que l’Eternel des armées va pompeusement débarquer avec son armée céleste d’anges guerriers pour venir bouter les FRCI-Dozos hors de notre pays. Pire encore, d’autres croient naïvement que ce sont seulement les marches qui ont permis la chute de Sarkozy, Wade et Jean Ping. Des gens y ont travaillé efficacement. Cela a pu affaiblir le  pouvoir ADO afin d’avoir de la considération pour ceux d’en face, donc mission accomplie…

Quelqu’un  de La Majorité Présidentielle (LMP) a dit que le combat est devenu multipolaire, il faut donc changer de stratégie. Ainsi, le bout du tunnel ne peut se voir qu’à partir d’une synergie de toutes les forces LMP. Entendent alors,  ceux qui ont des oreilles. Ce ne sont pas seulement les armes qui font la guerre, il y a certes les marches mais aussi le mysticisme. Les « illuminatis », les dozos et les marabouts font parties des  instruments de lutte. La preuve, ces morts à n’en plus finir ont une cause que les rattrapés objectivement n’ignorent pas. Il faut voir la réalité en face.

Pour ce faire, il faut que les soi-disant colombes de LMP se convainquent que ceux d’en face prient le même Dieu qu’eux. Par conséquent, dire que Dieu qui aime tant les hommes, viendra punir les méchants pour protéger les bons qu’ils sont,  est une attitude digne de la réflexion d’enfant. « Le régime rattrapé » est hautement croyant, y compris dans le maraboutage effréné. Chaque jour, ce pouvoir  s’évertue  mystiquement à écrabouiller l’aura de Laurent Gbagbo, l’ennemi irréductible qui seul, peut  les empêcher de gouverner. Pendant ce temps, les nôtre attendent l’Eternel des armées. Dieu peut-il  être contre une partie de son peuple ? Si les gens de LMP aiment Dieu, ils devraient cesser de l’embarrasser en lui prêtant leur choix ; encore faut-il savoir que le Seigneur les écoute ! La congrégation des Evangéliques de Côte d’Ivoire, n’a-t-elle pas excommunié l’ex couple présidentiel au lendemain de sa capture ? Comme quoi, la méthode des pères  des religions n’a pas changé. Hier, les Européens sont venus chez nous avec leur bible dans la main droite, et ils nous ont dépossédés de nos biens  de la main gauche. Tout  leur charivari  n’est qu’un moyen feutré d’accéder au pouvoir. Il n’y a pas que le pouvoir  d’Etat qui compte, celui sur la conscience et  l’esprit  des gens, est tout aussi important. Seulement leur méthode est anesthésiante voire un opium de la vigilance de l’esprit.

Laurent Gbagbo à son retour d’Italie au début de la tentative de coup d’Etat en 2002, a dit  à peu près ceci : si on m’accueille avec  des lauriers, je sors une colombe, mais quand on me tend une épée, je n’ai pas  le choix, c’est une déclaration de guerre que je fais. C’était de loin la position d’un chef d’Etat sur les épaules de qui,  repose la sécurité de son pays… Aujourd’hui, victime d’un complot international, il croupit à La Haye, dans une prison où « le régime rattrapé »,  regrette de l’avoir conduit au lieu de l’expédier en enfer. Parce que,  même depuis  La Haye, Gbagbo hante le pouvoir. Son aura, telle une stèle, est suspendue sur la Côte d’Ivoire.

Malgré cela, ceux qui ont reçu des moyens financiers pour continuer la lutte post-crise,  se vautrent dans un prosélytisme niais. Ils se cachent dans les pays voisins de la Côte d’Ivoire, passant pour des démunis à côté des vrais pauvres exilés.  Parfois on les voit  raser les murs en France.  D’autres utilisent La Haye  comme un fonds de commerce ou un faire-valoir.  Il faut sortir de tous ces comportements, car c’est le fer qui coupe le fer,  dit un adage ivoirien.  Le régime ADO est très vulnérable, il suffit d’ouvrir les yeux pour voir son talon d’Achille.  Pendant que certains prient, d’autres doivent se lancer dans le mysticisme de tous acabits, à l’instar du pouvoir, car gouverner n’est pas un concours d’entrée au paradis. Il ne faut donc pas faire de complexe devant toute forme de lutte, fut-elle superstitieuse. ADO lui-même, sait-il comment Laurent Gbagbo a été expédié à La Haye ? C’était une patate chaude dont il fallait se débarrasser, c’est aussi cela la lutte. Qui  aujourd’hui a-t-il des problèmes ? Est-ce le prisonnier ou son geôlier ? Les conséquences  de  ce transfèrement donnent des heures supplémentaires à la conscience du « pouvoir rattrapé », c’est cela qui est la vérité.   Si Laurent Gbagbo était resté à Korhogo, il ne serait plus vivant aujourd’hui, tout le monde le sait bien car  son cas est différent  de celui des autres prisonniers politiques… Voilà pourquoi il faut respecter toutes les formes de luttes. Entendent ceux qui ont des oreilles. La roue continue de tourner, demain ne sera pas aujourd’hui.

Par ailleurs, ceux qui nous ont bombardés hier,  sont pressés de  dire qu’il faut absolument aller à la réconciliation pour que le «  régime rattrapé » puisse réussir son pari de projeter la Côte d’Ivoire au rang de pays économiquement émergent.  En réalité, la réconciliation ne se décrète pas, elle sort d’un long processus  ancré  dans un vouloir-vivre ensemble. Les  signaux peuvent effectivement venir  du pouvoir, mais encore faut-il qu’il y ait de la sincérité entre les protagonistes !   Les comploteurs contre Laurent Gbagbo ont compris que seule la réconciliation peut faire avancer le pays. Et c’est l’opposition qui a les cartes en main, parce que le « régime rattrapé » s’est aussi rendu compte que sans l’opposition, rien ne peut bouger dans le bon sens. Le pouvoir est obligé de garder le profil bas, parce que diplomatiquement, quand un partenaire vous dit de vous réconcilier avec votre adversaire, cela veut dire que votre élection est entachée d’irrégularités. Sinon, comment comprendre qu’un président démocratiquement élu puisse être obligé de composer avec son opposition pour gouverner ? Dans les pays de tradition démocratique, c’est sur un programme que  les gouvernants sont élus. Leur opposition n’est pas associée par conséquent  à la gouvernance.  Il faut donc que la majorité présidentielle sorte de ses illusions d’avec Dieu. Qu’elle regarde la réalité en face pour se dire que c’est elle qui a désormais les cartes en main, même si le pouvoir d’Abidjan croit qu’il peut faire la pluie et le beau temps. Aucun financier ni investisseur ne pourra réellement  faire quelque chose en Côte d’Ivoire,  tant qu’il ne sera pas assuré que la paix y règne. Toutes les formes de communications ne peuvent rien contre cette vérité. Madame Lagardère peut louer les performances du poulain de son ancien patron Sarkozy, mais la réalité est implacable : sans l’accord de l’opposition, rien ne se fera dans ce pays, c’est ça la vérité.  Si le pouvoir  use de la violence, nous l’attendrons au tournant pour dénoncer ses crimes, là où il viendra chercher les fonds en tant que moyens de sa politique.  Nos communications ayant porté leur fruit, il faut également trouver ce régime « rattrapé » dans son domaine de prédilection qu’est le terrain mystique. Sans chercher à le détruire, nous devons l’obliger à mettre un genou à terre.  Toute tentative d’étouffement de l’opposition est un signe de faiblesse qu’il faut savoir lire et apprécier.  Aujourd’hui, il est avéré que le pouvoir ne peut plus continuer à marcher sur ceux d’en face. Ce n’est pas Dieu qui est descendu du ciel pour effrayer le régime des « rattrapés », c’est l’ensemble de toutes les luttes qui redore le blason de Laurent  Gbagbo, quoiqu’écrabouillé en tout noir par ses adversaires.


 
source : Louis-Freddy Aguisso.

09:34 Écrit par Bermudas Weed | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

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