topblog Ivoire blogs

mardi, 15 janvier 2013

Mali, Somalie, Afghanistan… Pourquoi les démocraties occidentales peinent-elles

 

Atlantico-15/1/2013

Mali, Somalie, Afghanistan… Pourquoi les démocraties occidentales peinent-elles autant à définir des buts de guerre face au terrorisme islamiste ?

L’engagement de la France au Mali a pour but officiel d’”arrêter l’offensive du terrorisme” dans la région selon les mots du président Hollande. Un objectif derrière lequel se pose la question du combat de long terme contre le fondamentalisme musulman. Les pays occidentaux ont-ils face à lui des buts de guerre clairement définis ?
Mehdi Lazar : Le djihadisme correspond à un « effort » dans la morale musulmane, à savoir l’effort de l’épée. Il s’agit de mener une lutte sacrée contre un Etat jugé impie ou de résister à des envahisseurs qui n’adopteraient pas les principes de l’islam. Nous parlons donc ici d’un concept religieux qui ne saurait trouver son équivalent dans la société occidentale moderne puisqu’elle est composée d’Etats qui se disent laïcs et dont la morale ne saurait être religieuse par conséquent. Notre vision séculière du monde nous empêche donc d’adopter une sorte de contre-doctrine qui viendrait se placer sur le même champ spirituel.

Le djihadisme tel qu’il s’illustre actuellement au Nord-Mali a pour but final d’instaurer un grand état islamique basé sur l’imposition de la charia. Face à cela l’idéologie occidentale revient à dire qu’elle doit assurer par tous les moyens possibles (ici des moyens militaires en l’occurrence) le maintien de régime laïques basé sur le droit. Il est évident impossible d’imaginer une conciliation entre les deux modes de pensées et c’est ce qui explique que la lutte contre le fondamentalisme soit longue, laborieuse et complexe.

Guillaume Lagane : Le but officiel de cette opération est de lutter contre le terrorisme. Avec cette guerre, on semble repartir dix ans en arrière, au moment où les Etats-Unis se mobilisaient contre Al-Qaïda à la suite du 11-Septembre et décidaient l’intervention en Afghanistan, puis deux ans plus tard, la guerre en Irak. Pour autant, peut-on réellement parler de terrorisme au sujet des rebelles maliens ? Bien qu’ils se réfèrent à l’idéologie jihadiste, leur mode d’action n’est pas comparable aux attaques de masse perpétrées par Al-Qaïda contre les civils. Il y a une ambigüité dans la pensée occidentale. On utilise le terme de terrorisme assez neutre car on refuse de dire que l’on va lutter contre des djihadistes pour ne pas stigmatiser l’islam. Le premier objectif de cette intervention est militaire et consiste à expulser les groupes islamistes de l’espace nord-malien. Mais, au-delà, l’idée est de les détruire définitivement pour qu’ils n’aillent pas opérer en Mauritanie ou au Niger. Le deuxième objectif est de reconstruire l’Etat malien pour permettre aux individus séduis par les groupes islamistes de se réintégrer dans la société malienne

08:38 Écrit par Bermudas Weed | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

Les commentaires sont fermés.