topblog Ivoire blogs

mardi, 29 janvier 2013

Cassez, Gbagbo... et les autres : citoyens français et doubles standards

Florence Cassez et Laurent Fabius

Florence Cassez est libre. Cette citoyenne française accusée d’être membre d’un gang criminel au Mexique, et condamnée à purger une peine de prison de 60 ans pour « enlèvement, séquestration, délinquance organisée et détention d’armes à feu et de munitions à usage exclusif des forces armées ». Sans rentrer dans les détails, le fait est qu’après être restée 7 années en prison et après la décision récente de la Cour Suprême du Mexique, elle est dorénavant libre (probablement grâce à un « arrangement » entre les dirigeants français et mexicains), au grand dam des plaignants mexicains.

Les médias français ont beaucoup insisté sur le calvaire enduré par Florence Cassez durant cette période. Il faut dire qu’à son arrivée à Paris, elle ne semblait pas porter sur son visage les stigmates de son calvaire. Mais peu importe, ceci est une autre histoire. De plus, à son retour en France, elle a été accueillie personnellement sur le tarmac par le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius...  La diplomatie française défend ses citoyens partout dans le monde, même ceux qui ont très probablement commis des crimes, y compris les plus graves... Sauf que tout n'est pas aussi simple qu'il y paraît.

Au même moment, Michel Gbagbo, qui possède également la citoyenneté française, est emprisonné, depuis avril 2011, dans un camp de concentration en Côte d’Ivoire par le régime fantoche d’Alassane Ouattara. Même les délégations des Nations Unies (ONUCI) qui ont visité le lieu de détention, ont « constaté que les prisonniers étaient victimes de mauvais traitements et vivaient dans « des conditions inhumaines et dégradantes ».

Pourtant la France ne fait pas grand’chose pour que son ressortissant soit libéré. Comme le confirme la mère de Michel Gbagbo, madame Jacqueline Chamois, jointe au téléphone par La Voix de la Russie : « Après son enlèvement et sa mise en détention, le ministère français des Affaires étrangères m’a reçue avec notre avocate, maître Habiba Touré, et a garanti que Michel bénéficierait de toute l’aide consulaire nécessaire. Certes, il a effectivement reçu la visite de représentants de l’ambassade, mais depuis peu de démarches concrètesont été réellement entreprises. Aux dernières nouvelles, mon fils se trouverait à Bouna [dans le nord-est de la Côte d’Ivoire, ndlr], pourtant ces informations ne sont pas confirmées et plusieurs rumeurs circulent. Concernant la date éventuelle de son procès, nous n’avons aucune Michel Gbagbonouvelle ».

Évidemment, on peut s’interroger sur les motifs de cette attitude des autorités françaises. La raison est probablement simple: Michel Gbagbo (photo ci-contre) est le fils de Laurent Gbagbo, leader africain qui a osé défier la métropole coloniale française et son engagement politique n’est pas « conforme » aux projets néo-coloniaux de l’Etat français.

Deux poids, deux mesures ? Apparemment, c’est bien le cas. Si les dirigeants français continuent dans ce sens, à savoir défendre ceux ou celles qui les arrangent (même si ce sont les pirescriminels), et laisser croupir en détention sans aucun fondement ni jugement d’autres individus simplement pour leurs convictions ou leurs liens avec des personnes qui ne sont pas « conformes » aux intérêts de ces mêmes dirigeants, alors il ne faudra pas s’étonner si des symboles de la France comme Depardieu, mais aussi de simples citoyens français, quittent leur pays pour chercher le bonheur ailleurs...

Gérard Depardieu peut évidemment être considéré comme« un cas à part », mais là n’est pas la question. Chacun peut avoir ses propres raisons pour décider de partir.

Les cas sont bien différents. Quoiqu’il en soit, une chose est sûre : un pays qui fait le tri entre les compatriotes qu’il convient ou non de défendre à l’étranger ne doit pas s’étonner qu’un jour ou l’autre ses citoyens se retrouvent subitement dotés de passeports d’autres États.

Car opter pour la défense de membres de gangs et de réseaux criminels, et faire la sourde oreille face à la détention arbitraire de ceux dont la seule faute réside dans le fait que leurs convictions, ainsi que celles de leurs proches ou de leurs amis, n’ont pas l’heur de plaire aux gouvernants, est particulièrement malsain. Un pays qui met ses propres ressortissants en danger et ne s’intéresse même pas à l’opinion de ses concitoyens vivant dans les pays concernés (notamment dans de nombreux pays d’Afrique) montre qu’il est tombé bien bas. 

Mikhail Gamandiy-Egorov

13:59 Écrit par Bermudas Weed | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

L’Union africaine déplore la lenteur de l’Afrique à agir au Mali

 

AFP-29/1/2013

Des soldats français et maliens contrôlent Tombouctou.
L’Union africaine, réunie dimanche en sommet à Addis Abeba, a déploré, par la voix de son président sortant, la lenteur du continent à agir pour défendre le Mali et “salué” l’intervention militaire française.
“Je tiens à saluer la France qui, face aux délais de réaction extrêmement longs des leaders africains et même de la communauté internationale, a pris les devants pour faire ce que nous aurions dû faire”, a déclaré le Béninois Thomas Boni Yayi, avant de passer la présidence tournante de l’UA au Premier ministre éthiopien, Hailemariam Desalegn.
Il a regretté, concernant la gestion de problèmes sécuritaires dans une région, une tendance à “mettre à l’écart les autres régions qui auraient pu au nom de la solidarité interrégionale apporter leur soutien combien salutaire”, dans une critique à peine voilée à la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), qui déploie au compte-gouttes des troupes au Mali.
La France est intervenue militairement dans le pays en toute hâte mi-janvier, à la demande des autorités maliennes, face à l’avancée vers Bamako des insurgés islamistes qui occupent le nord du pays depuis mi-2012.
Thomas Boni Yayi s’exprimait dimanche dans la capitale éthiopienne, où siège l’UA, lors de l’ouverture du 20e sommet de l’organisation pan-africaine.
La situation au Mali, qui fera encore l’objet d’une conférence de donateurs internationaux mardi dans la capitale éthiopienne, domine cette réunion de deux jours, même si peu de décisions concrètes nouvelles sont attendues: vendredi, le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA a déjà décidé d’augmenter à près de 6.000 hommes les effectifs de la force africaine au Mali et a pressé l’ONU de fournir une aide logistique “temporaire” pour accélérer son déploiement.
En décembre, le Conseil de sécurité de l’ONU avait autorisé le déploiement d’une Force internationale de soutien au Mali (Misma), pour aider la faible armée malienne à reconquérir le nord du pays.
Alors que “s’accélèrent les préparatifs en vue du déploiement de la Misma”, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, présent à Addis, a également appelé dimanche Bamako à “dresser une feuille de route devant mener au rétablissement complet de l’ordre constitutionnel”.
Le Mali est dirigé par des autorités de transition mises en place après le coup d’Etat militaire du 22 mars 2012 qui avait renversé le régime du président Amadou Toumani Touré et précipité la chute du vaste nord du pays aux mains de groupes armés — des jihadistes mais aussi des rebelles touareg.
Mini-sommet sur la RDC
Au-delà du Mali, le sommet de l’UA devrait également se pencher sur plusieurs autres conflits ou zones de tensions en Afrique, notamment en République démocratique du Congo (RDC), en Guinée-Bissau ou en République centrafricaine.
“Nous ne pouvons jamais trop souligner l’importance du besoin de paix et de sécurité, sans paix et sécurité, aucun pays ou aucune région ne peut espérer la prospérité pour tous ses citoyens”, a déclaré Nkosazana Dlamini Zuma, nouvelle présidente de la Commission de l’UA, l’organe exécutif de l’organisation.
Evoquant les tensions dans l’est de la RDC, où l’armée régulière affronte depuis avril les mutins du mouvement M23, Ban Ki-moon a évoqué la possibilité d’adosser une mission “d’imposition de la paix” à la mission de l’ONU déjà présente dans le pays (Monusco).
Samedi, des responsables onusiens avaient déjà indiqué que l’organisation internationale souhaitait renforcer sa mission dans le pays, avec une “unité d’intervention” forte de 2.500 hommes pour s’attaquer au M23 et aux autres groupes rebelles présents dans la région.
Une source au sein de l’UA a par ailleurs confirmé la tenue lundi à Addis d’un mini-sommet sur la RDC réunissant notamment les présidents de RDC, du Rwanda, de l’Ouganda autour de Ban Ki-moon. “Il reste quelques détails à régler,” mais le principe de la rencontre est acquis, a-t-elle indiqué.
Le sommet de l’UA devrait encore aborder les laborieuses négociations soudanaises.
Les présidents du Soudan, Omar el-Béchir, et du Soudan du Sud, Salva Kiir, se sont rencontrés vendredi et encore une fois dimanche en présence d’autres chefs d’Etat africains pour tenter d’avancer dans la résolution des différends qui empoisonnent toujours leurs relations, un an et demi après l’accès à l’indépendance du Sud, et fragilisent la déjà difficile situation humanitaire de plus de 100.000 personnes vivant près de leur frontière commune.
“Aucun progrès n’a été enregistré”, a déclaré à l’AFP le négociateur en chef sud-soudanais Pagan Amum à l’issue de la rencontre.
Un peu plus tôt, Ban Ki-moon avait appelé les deux dirigeants à entamer “des discussions directes pour permettre l’aide humanitaire d’urgence nécessaire aux civils affectés” dans la région.

Par Aymeric VINCENOT

Mali: des soldats français et maliens contrôlent les accès de Tombouctou

PARIS (AFP) – 28.01.2013 07:22

Des soldats français et maliens contrôlaient lundi matin les accès et l’aéroport de Tombouctou (Mali) à l’issue d’une opération terrestre et aérienne menée dans la nuit, a-t-on annoncé de sources françaises et malienne.
Des soldats français et maliens contrôlaient lundi matin les accès et l’aéroport de Tombouctou (Mali) à l’issue d’une opération terrestre et aérienne menée dans la nuit, a-t-on annoncé de sources françaises et malienne.
Les forces françaises et africaines contrôlent désormais la “Boucle du Niger” entre les deux bastions islamistes de Tombouctou (900 km au nord-est de Bamako) et Gao (1.200 km au nord-est de la capitale malienne), a annoncé à l’AFP le porte-parole de l’état-major des armées (EMA) à Paris, le colonel Thierry Burkhard.
Ce contrôle a été réalisé en 48 heures, a souligné le porte-parole de l’Etat major.
L’aéroport de Tombouctou, à 900 km au nord-est de Bamako, est passé lundi sous le contrôle des soldats français et maliens qui n’ont rencontré “aucune résistance” des islamistes, a confirmé à l’AFP un officier supérieur de l’armée malienne.
“Nous contrôlons l’aéroport de Tombouctou. Nous n’avons rencontré aucune résistance. Il n’y a aucun problème de sécurité en ville”, a ajouté cete source.
La manoeuvre conjointe des forces françaises de l’opération Serval et des forces maliennes s’est déroulée avec un appui de patrouilles d’avions de chasse français, a précisé le colonel Burkhard, à propos de la prise de contrôle de la Boucle du Niger.
Le groupement tactique interarmes (GTIA) 21, venant de l’axe Diabali, Néré, Goundam a saisi l’aéroport de Tombouctou.
Dans le même temps, un largage de parachutistes avait pour objet de bloquer les “exfiltrations ennemies” tandis qu’un groupement aéromobile (hélicoptères) était engagé en appui de ces deux forces.
Samedi, le bastion islamiste de Gao, à 1.200 km au nord-est de Bamako, était tombé au cours d’une opération spectaculaire de l’armée française, des membres des forces spéciales bénéficiant d’un appui aérien s’emparant d’abord de l’aéroport et d’un pont stratégique.
AFP

13:53 Écrit par Bermudas Weed | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

L’impérialisme prévoit « des décennies de guerre» en Afrique

 

Wsws-29/1/2013

L’intervention française au Mali, suivie du siège sanglant en Algérie, représente un tournant dans ce qui se présente comme une nouvelle ruée impérialiste vers l’Afrique.

Ces événements, si peu de temps après la guerre des Etats-Unis et de l’OTAN en vue d’un changement de régime en Libye et la guerre civile sectaire en Syrie avec le soutien de Washington, sont le signe que l’humanité assiste à une poussée convulsive des grandes puissances pour la redivision du monde, de ses territoires, ses marchés, ses ressources.

Il y a tout lieu de croire que cette campagne de recolonisation d’une grande partie de la planète sera encore plus sanglante et plus tyrannique que la première colonisation de l’Afrique.

Tout comme durant la guerre contre la Libye, la France a pris les devants en déchaînant sur le territoire malien ses chasseurs-bombardiers et ses chiens de guerre que sont la Légion étrangère. Cependant, les autres grandes puissances impérialistes ont clairement signalé qu’elles ne resteront pas à l’écart.

Le premier ministre britannique David Cameron a juré que le Royaume-Uni « collaborera avec d’autres pour verrouiller ce territoire non gouverné » en Afrique du Nord-Ouest, « avec tous les moyens dont nous disposons. » Qualifiant les développements au Mali et dans les pays avoisinants de « menace mondiale », Cameron a déclaré que cette situation « exigera une réponse sur plusieurs années, voire même plusieurs décennies, plutôt que quelques mois. »

Le gouvernement Obama a d’abord adopté une approche prudente envers les événements au Mali, préoccupé, sans doute, de se retrouver à aider un rival impérialiste, sapant ainsi ses propres objectifs prédateurs en Afrique. Cependant, avec la crise des otages en Algérie qui a coûté la vie à au moins 80 personnes, y compris trois Américains, Washington a clairement exprimé ses intentions d’intervenir de manière agressive.

Le secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, a déclaré vendredi dernier: « Nous avons la responsabilité de chasser Al-Qaïda, où qu’il se trouve. Nous les avons chassés dans le FATA (les zones tribales administrées fédéralement au Pakistan). Nous sommes en train de les chasser au Yémen et en Somalie. Nous avons la responsabilité d’assurer qu’Al-Quaïda n’établisse pas de bases d’opérations en Afrique du Nord et au Mali. »

Le message est clair. Le Mali et la région seront transformés en un nouveau front dans la crise de folie meurtrière à échelle mondiale des Etats-Unis et qui sera perpétrée en premier lieu avec des drones Predator et des missiles Hellfire.

Les Etats-Unis ont également annoncé qu’ils sont en train d’envoyer des Forces Spéciales comme « formateurs » et « conseillers » aux six pays, le Niger, le Nigeria, le Burkina Faso, le Sénégal, le Togo et le Ghana, qui fourniront les soldats permettant à la Communauté économique ouest africaine (Cédéao) de bricoler une force africaine qui agira en intermédiaire de l’intervention impérialiste. Les Etats-Unis fourniront le transport aérien pour acheminer les troupes africaines de la Cédéao au Mali.

Autant pour la belle rhétorique d’Obama lors de son investiture. « Une décennie de guerres se termine, » a-t-il déclaré lundi, un jour seulement après que Cameron avertissait que c’était le commencement de décennies de guerres en Afrique.

Nous sommes maintenant dans une ère historique où chaque nouvelle guerre engendre la suivante: La Libye, la Syrie et maintenant le Mali, en l’espace de moins de deux ans.

Le lien entre ces guerres est rarement reconnu dans les médias officiels, qui, d’une voix haletante, font des reportages sur chaque nouvelle crise, des combats au Mali au drame des otages en Algérie dans le complexe gazier, comme s’il s’agissait d’un outrage insensé ne pouvant s’expliquer que comme le développement d’une lutte entre le bien et le mal, connue sous le nom de guerre mondiale contre le terrorisme.

On n’est pas censé prononcer le terme de « boomerang explosif » lorsque l’on est en présence des délicats réseaux médiatiques. Et pourtant c’est précisément de cela qu’il s’agit. La guerre Etat-Unis/OTAN pour le changement de régime en Libye a déstabilisé la région tout entière. Cela a eu pour effet de faire fuir les Touaregs, dont beaucoup avaient servi parmi les forces de sécurité de Khadafi, qui sont entrés se réfugier au Mali dans une situation où les « révolutionnaires » de Libye soutenus par l’OTAN chassaient et tuaient toute personne à peau noire.

Les Touaregs sont un peuple nomade du Sahel qui s’étend en bordure du désert du Sahara. Ils habitent le Nord du Mali ainsi que le Niger, l’Algérie, le Maroc, la Libye et le Burkina Faso.

Au Mali, l’oppression et la négligence du gouvernement central ont provoqué quatre révoltes depuis l’indépendance en 1960. Des révoltes similaires se sont produites au Niger voisin. L’arrivée des Touraegs fuyant la Libye, combinée aux grandes quantités d’armes libyennes disponibles, ont déclenché cette dernière révolte qui a été alimentée par la défection de grande envergure de soldats et d’officiers touaregs de l’armée malienne.

Les nationalistes touaregs laïcs ont cependant été supplantés par des forces islamistes mieux équipées et mieux financées. Fortement consolidées par la guerre des Etats-Unis et de l’OTAN en Libye où elles ont été armées et soutenues par Washington comme force terrestre par procuration contre Kadhafi, elles sont à présent armées et financées de la même façon comme troupes de choc pour un changement de régime en Syrie. On ne peut pas comprendre la politique américaine au Moyen-Orient et en Afrique si on ne reconnaît pas que Washington opère au sein d’une alliance de fait avec des forces liées à Al Qaïda.

Al Quaïda au Maghreb Islamique (AQMI), nouvel épouvantail de la « guerre contre le terrorisme », est comme son prédécesseur en Afghanistan, le monstre Frankenstein de l’impérialisme occidental. AQMI avait émergé au sein de forces qui étaient parties se battre en Afghanistan, soutenues par les Etats-Unis, contre le régime de Kaboul, soutenu par l’Union soviétique dans les années 1980. Elles étaient ensuite rentrées pour se battre dans la sanglante guerre civile algérienne des années 1990, où l’impérialisme américain et français soutenaient l’armée algérienne dans sa prise de pouvoir visant à empêcher l’élection du Front de salut islamique. La répression qui s’ensuivit provoqua la mort de 100.000 Algériens.

Le gouvernement algérien a accusé l’émirat du Qatar, un allié clef de Washington, de financer AQMI, tout comme il finance les « rebelles » soutenus par les Américains en Syrie. Avant même le conflit actuel, ce n’était un secret pour personne que AQMI et des groupes similaires jouissaient de l’approbation tacite du gouvernement central du Mali, appuyé par Washington et Paris, qui voyait les Islamistes comme un contrepoids utile aux Touaregs.

Et maintenant, on nous demande de croire que cette même organisation est devenue une menace « mondiale », capable d’attaquer à tout moment « notre patrie ».

Le conflit grandissant en Afrique n’a rien à voir avec Al Quaïda ni avec la lutte contre le terrorisme. Le magazine Time a succinctement exposé les motifs réels au Mali: « Les dangers se développent ailleurs, avec d’énormes réserves de pétrole attirant les entreprises occidentales à mettre en place la production de pétrole à travers le vaste Sahel. Au sud de l’Algérie et du Mali se trouve le Niger, un pays désertique extrêmement pauvre avec une production d’uranium au quatrième rang mondial, qui alimente le réseau essentiel du parc nucléaire de la France. A l’est de l’Algérie se trouve la Libye, où un certain nombre d’entreprises occidentales exploitent quelques-unes des plus grandes réserves de pétrole de l’Afrique. »

L’impérialisme américain et les puissances européennes qui avaient précédemment colonisé l’Afrique sont déterminés à s’emparer de ces ressources. Après avoir été supplantés par la Chine comme unique et plus important partenaire commercial de l’Afrique, et toujours derrière Pékin en termes de croissance de l’investissement direct étranger, Washington et les puissances européennes se tournent vers une intervention militaire comme moyen de compenser leur déclin économique.

Tout comme cela avait été le cas avec les rivalités inter-impérialistes générées par la ruée vers l’Afrique il y a un siècle, les conflits actuels pour la domination du continent conduiront à l’éruption d’un nouvelle guerre mondiale.

Bill Van Auken

13:52 Écrit par Bermudas Weed | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg