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samedi, 02 février 2013

Clinton. « La Chine n'est pas un pays démocratique »

En Chine, la démocrratie fait défaut et les droits de l'Homme ne sont pas respectés, a déclaré Hillary Clinton jeudi devant le Conseil pour les affaires internationales avant de quitter son poste de secrétaire d'Etat. Néanmoins « personne ne nous accuse pour notre coopération avec la Chine », a-t-elle ajouté. 

Hillary Clinton a noté que les principaux axes de sa politique étrangère étaient la démocratie et la lutte pour les droits de l'Homme partout dans le monde.

A la guerre comme à la guerre

Depuis quelques années, la politique pétrolière des États-Unis se heurte à l’appétit désormais insatiable de la Chine, devenue depuis 1993 importatrice de pétrole. l’Iran entretient une fructueuse coopération avec la Chine, échangeant des hydrocarbures contre des armes perfectionnées (comme les missiles antinavire Silkworm). Téhéran est devenu en 2006 le premier fournisseur en pétrole de la Chine à un même niveau que l’Angola. 

Cette coopération inquiète Washington, puisqu’elle apporte de précieuses devises à Téhéran, mettant en échec sa politique d’isolement du régime. Surtout, les systèmes d’armes livrés par la Chine offrent à l’Iran un moyen de se défendre contre une éventuelle intervention armée étrangère, et contribuent davantage à déstabiliser le Moyen-Orient, car certains matériels de conception chinoise ont été mis à disposition du Hezbollah libanais dans son combat contre Israël à l’été 2006.

L'afrique, champ de bataille

Sur le continent noir, les États-Unis renforcent depuis quelques années leur présence en Afrique de l’Ouest et plus particulièrement dans le golfe de Guinée (Nigeria, Cameroun, Guinée Équatoriale) dans l’esprit des recommandations du rapport Cheney (1). Les conclusions de ce rapport rédigé en mai 2001 appellent à augmenter la part des importations en pétrole en provenance du golfe de Guinée.

Pour les États-Unis, les pays d’Afrique de l’Ouest offrent plusieurs avantages. Ils ne sont pas membres de l’Opep (à l’exception du Nigeria et de l’Angola), et les exploitations offshore comme les routes maritimes pétrolières à travers l’océan Atlantique sont faciles à sécuriser. Enfin, l’exploration des gisements en eaux profondes implique la maîtrise de techniques sophistiquées et d’un coût onéreux, ce qui limite le nombre d’investisseurs potentiels.

Mais en Afrique, Washington est désormais engagé dans une véritable lutte d’influence contre Pékin pour l’accès aux gisements d’hydrocarbures. Jusqu’au début des années 1990, les sociétés anglo-saxonnes et Total étaient les principaux opérateurs pétroliers en Angola. Désormais, la concurrence avec la RPC est de plus en plus exacerbée. Depuis 2004, la Chine est devenue la première destination du pétrole angolais au détriment des États-Unis.

Plus généralement, le continent noir vit maintenant à l’heure chinoise. Le commerce sino-africain a connu une croissance spectaculaire, passant de 10 milliards de dollars en 2000 à plus de 55 milliards l’année passée. En échange de l’octroi de concessions pétrolières ou de permis de prospection, Pékin accorde des prêts sans intérêt et multiplie à des conditions avantageuses la construction d’infrastructures avec des techniques largement éprouvées. 

Les ouvriers, expatriés de Chine, sont rémunérés de manière dérisoire et ne connaissent guère de moments de répit, ceci leur permettant d’achever en temps record la construction d’infrastructures (lignes ferroviaires en Angola, réseau autoroutier en Algérie, centrales hydroélectriques au Nigeria…). Les sociétés chinoises comme la Sinopec ou la CNPC ne négligent aucune zone de prospection, tels le Mali ou le Niger. L’Afrique assure aujourd’hui 30 % des importations en pétrole de Pékin (dont 17 % pour l’Angola et 7 % pour le Soudan).

Les multiples visites des dirigeants chinois permettent la signature de contrats de prospection ou d’exploitation pétrolière. Après les voyages officiels successifs du ministre des Affaires étrangères, Li Zhaoxing (en janvier 2006 et janvier 2007), et de Wen Jiabao (juin 2006), Hu Jintao a entrepris sa troisième tournée en Afrique en février dernier. Cet activisme de Pékin oblige les États-Unis à s’impliquer davantage sur le continent noir, notamment par le biais d’aides économiques et commerciales (avec la mise en place de l’Agoa (3) et l’annulation de dettes).

Sévérine Toche avec La voix de la Russie et sciencehumaines

(1) Report of the National Energy Policy Development Group, « Reliable, affordable, and environmentally sound energy For America’s future », mai 2001. Disponible surwww.pppl.gov/common_pages/national_energy_policy.html

09:03 Écrit par Bermudas Weed | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

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