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lundi, 03 février 2014

Sommet de l'UA.La politique du surplace

Union Africaine

Ce week-end s'est achevé à Addis-Abeba, le sommet ordinaire de l’Union africaine (UA) autour du thème : « l’agriculture et la sécurité alimentaire en Afrique ».

A ce titre, l’UA a décidé d’inciter tous ses Etats membres à tenir leur engagement en consacrant 10% de leurs budgets nationaux à l’agriculture. Comme on le voit, l’un des enjeux majeurs de ce sommet est de remettre « la révolution verte » au cœur des préoccupations fondamentales de l’UA, en vue d’éradiquer la faim et la malnutrition. Evidemment, il faut relancer l’agriculture africaine pour réussir la révolution agricole continentale.

Les dirigeants du continent devraient faire preuve de vision et de leadership stratégiques, en opérant une rupture avec les logiques néocoloniales dépendentistes

Soulignons que l’Amérique latine et l’Asie ont réussi à monter dans le train de « la révolution verte », tandis que l’Afrique est restée figée sur les quais.

Ainsi, c’est le continent des crises alimentaires récurrentes, le continent où les produits alimentaires de base restent inabordables pour les populations. En vérité, la quasi-totalité des Etats du continent continuent de dépendre étroitement de l’aide alimentaire internationale, quand ils ne réduisent pas tout simplement leur politique agricole à des appels répétés à la générosité internationale. Pourtant, avec ses immenses ressources naturelles et agricoles, le secteur de l’agriculture pourrait assurer un réel décollage du continent africain.

Rappelons qu’avec une lucidité indépassable, l’éminent agronome français, René Dumont, à travers une série d’ouvrages pionniers, avait montré, dès les années 60, en quoi les Etats post-coloniaux avaient sacrifié « l’avenir agricole du continent ». Selon lui, le potentiel agricole africain est gigantesque et il devait être mis en valeur, de manière rationnelle, au bénéfice exclusif des peuples africains. Pour ce faire, les dirigeants du continent devraient faire preuve de vision et de leadership stratégiques, en opérant une rupture avec les logiques néocoloniales dépendentistes. Et ce, d’autant que la majorité des populations africaines travaille dans l’agriculture.

Malheureusement, les dirigeants des Etats post-coloniaux ont, pour bon nombre d’entre eux, quasiment délaissé ce secteur hautement stratégique, au profit de la perpétuation paresseuse des cultures coloniales sur notre continent. En vérité, nombre de dirigeants africains n’ont pas voulu suivre, en 1962, le chemin tracé par Kwame N’krumah, ce grand visionnaire et rêveur pragmatique. Soulignons que sa vision panafricaniste du devenir de l’Afrique se voulait un mouvement politique, économique, culturel, scientifique destiné à restituer aux peuples africains, leur dignité sur le plan géostratégique.

Depuis « l’échec » de N’krumah, les sommets de l’OUA devenue UA, ont fini par se transformer en vastes scènes de palabres où l’on vient jouer avec des mots, et se jouer des mots, afin de vendre de nouvelles illusions aux peuples du continent. Ces sommets ont réduit l’efficacité d’un leadership continental à des « réunions au sommet », et ils n’ont que très rarement réussi à maintenir « la paix », et à prévenir les conflits, guerres et génocides, minant ainsi toutes les perspectives de développement du continent. Quel que soit le domaine pris isolément, le volontarisme politique manque sur notre continent. Les décisions politiques ne sont pas toujours mises en œuvre avec efficacité et détermination.

A l’heure actuelle, la question du juste partage des terres reste une bombe à fragmentations et à retardement, menaçant la stabilité sociale des Etats du continent

Ainsi, l’avènement d’une agriculture moderne, compétitive, exige, au sein des Etats africains, capitaux, technologie, recherche agronomique, eau, sécurité, et infrastructures de qualité. Or, politiquement, tout a été entrepris pour tuer la petite agriculture, celle qui fait vivre la majorité des paysans, et de surcroît, source d’emplois et de revenus. A cela s’ajoute l’accaparement des terres les plus riches par les élites dirigeantes africaines prédatrices, ainsi que les multinationales de « l’agrobusiness ».

Car, les peuples ne se résigneront jamais face à la captation arbitraire des meilleures terres de leurs pays par certaines élites prédatrices locales. Déjà, on assiste, partout sur notre continent, à la montée des tensions, des conflits sur fond de conflits d’intérêts entre les populations et ces élites prédatrices. On n’a donc aucunement à faire l’impasse sur la question de la gouvernance de nos Etats, qui reste une condition essentielle de la réussite de « la révolution agricole annoncée ». Qu’on le veuille ou non, il faut des Etats capables de servir l’intérêt général des peuples africains. Ce qui implique une réelle représentation démocratique des citoyens au sein des espaces politiques nationaux. Or, au sein de nombre d’Etats africains, la démocratie est beaucoup plus apparente que réelle.

Oui, il faut relancer l’agriculture africaine. Mais avant tout, il faudra bel et bien dire adieu à la politique du surplace. Avant la tenue de ce sommet, la Présidente de la Commission, Nkosazana Dlamini-Zuma, a fait un rêve : en 2063, faire de l’Afrique la puissance la plus attractive du monde. Ce rêve nous fait penser au film du cinéaste béninois, Sylvestre Amoussou, « Africa Paradise » (2006), et dans lequel on voit des Européens devenus pauvres, émigrer massivement vers les Etats-Unis d’Afrique prospères .

Evidemment, depuis Freud, on s’accorde à reconnaître que l’homme est « un animal rêveur ». Et, penser l’avenir et le devenir de l’Afrique face au reste du monde autorise tous les rêves. Mais avec la mondialisation en cours, dans laquelle toutes les cartes mondiales sont redistribuées à tous les niveaux, un leadership panafricain crédible doit renoncer aux rêves téméraires et ininterprétables pour donner à notre continent toutes ses chances.

08:54 Écrit par Bermudas Weed | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

Le Chant du leurre ou la Chandeleur ?

Le président n'est pas malade, nous voilà rassurés, la presse aux ordres nous le confirme: son agenda est très chargé. Mais bien sûr, personne ne nous a dit pourquoi il vient de  passer deux semaines en France pour un «  voyage privé»; aucun planning n'a filtré, pas même les photos de son accueil par le team ministériel qui habituellement se déplace au grand complet sur le tarmac pour accueillir son chef, même si celui-ci n'est parti qu'en avion taxi pour une visite d'une demi-journée dans la sous région.


Madame a raflé la vedette en rentrant en Airbus, avec quelques 250 investisseurs potentiels, qui bien sur se seront engagés potentiellement "Croix de bois, croix de fer, si je mens je vais en enfer". Le déplacement de ce monstre des airs n'a même pas été rentabilisé puisque,sur ces plus de 800 places, la cour de Dominique et les investisseurs invités aux frais du contribuable ivoirien n'auront occupé que 516 sièges.

Notre époux de la première Dame sera donc rentré plus discrètement, avec un ou deux engins volants de la Magellan Airlines, son hôpital volant de campagne, son personnel et ses deux médecins français. Un article de Nord Sud, peu convainquant nous assure que Ouattara a délégué  son premier ministre auprès du Forum Investir, aussi bon que lui, peut-être même meilleur. S'il s'était agit d'un jeune, d'un poulain à adouber, nous aurions pu accepter cette version, mais cette raison est nulle et non avenue, car Ouattara, en mal d'affection, très peu acclamé par les Ivoiriens qui n'ont pas voté pour lui, et beaucoup d'autres qui ont rejoint le camp de la grogne "Gbagbo Kafissa", aime à se mettre du baume au coeur, quand il peut être chaleureusement entouré par ses amis du monde de la finance internationale, qui lui serinent qu'il est ce président exceptionnel qui va nous faire entrer tel le messie dans le deuxième miracle économique d'une Côte d'Ivoire des mille et une nuits.

Pensez donc, lorsque le président Gbagbo a été chassé, il y avait 3 millions de chômeurs, maintenant les choses se sont améliorées: selon les statistiques gouvernementales, il y en aurait sept millions, et même avec son million d'emplois en cinq ans, il sera difficile d'être crédible pour les Ivoiriens alphabétisés, heureusement non rattrapés. Alors oui, ces "investisseurs", c'était autant d'amis, de flatteurs, de cajoleurs dans le sens su poil, et il se serait abstenu de les rencontrer? Les mauvaises langues interprétant son absence également au sommet de l'Union Africaine parce qu'il serait malade, le gouvernement Duncan s'est empressé de lui organiser quelques petites entrevues express privées avec  quatre investisseurs triés sur le volet, qu'il a reçus loin du bruit, loin de la foule, mais avec un photographe chargé de nous renvoyer l'image d'un président en pleine forme.

Revenons à notre Airbus, le scoop présidentiel de la nouvelle année, bien plus médiatisé que les libérations à doses homéopathiques des prisonniers politiques. Notre engin ne vient pas étoffer Air Côte d'Ivoire, il n'a pas été acheté par le gouvernement. Non, c'est un avion d'Air France, qui vient certainement apporter sa contribution au prochain dépôt de bilan d'Air Côte d'Ivoire. La Lettre du Continent du 29 janvier 2014 nous révèle qu'il ne faut plus subventionner Air Côte d'Ivoire: le FMI ne veut plus accorder de rallonge budgétaire (10 Millions de FCFA en 2013) à la flotte ivoirienne. Alors le général Abdoulaye Coulibaly, en bon pilote, face à une situation d'urgence, devra bien manœuvrer son siège éjectable au sein de l'entreprise.

Le spectacle donné à l'Ivoirien devant sa télévision, c'est que la Côte d'Ivoire avait attrapé la version 21ème siècle des rennes du Père Noël, et que tout un chargement d'hommes et de cadeaux en descendait à la suite de la première dame. Oui, Dame Dominique  a dû bien roucouler pendant ce voyage, pensez donc, elle était la marraine du vol, et le gros Bébé Airbus a même été baptisé à l'arrivée, avec des canons à eau, alors que cette eau précieuse fait cruellement défaut dans bien des quartiers d'Abidjan. En se voyant presque capitaine de l'Airbus, cheffe de file de ces derniers investisseurs français inconscients ou tout simplement heureux d'avoir gagné un voyage "tous frais payés" dans ce pays émergeant, dont la croissance  phénoménale selon l'AFP et repris par Libération, nous est rapportée dans ces termes à peine exagérés : "La Côte d’Ivoire, moins de trois années après la crise sanglante qui l’a ébranlée, connaît une croissance digne des tigres asiatiques". .

Au hasard je reprend l'un des commentaires élogieux à l'endroit de la dame blonde sur sa page facebook où elle consigne tous les petits évènements qui lui valent des dizaines de courbettes de la part des dominos-moutons qui déversent à la pelle des flatteries sans aucune réflexion, probablement rémunérées une piécette pour chaque phrase retenue. "Un boing A 380, à son bord, 516 VIP, conduits par une dame, une grande dame, la 1ere dame de Côte d'Ivoire, accueillie par ses sœurs dont l'ex 1ere dame, Henriette parce qu'elles n'ont qu'une seule chose à cœur, le bonheur de la côte d'ivoire et de toute la population. Merci à vous mamans."  Bien sûr il n'y a aucun commentaire discordant, discourtois, "manquant d'élégance" selon la formule consacrée de son scribe patenté qui m'a repris il y a quelques jours, alors que j'égratignais quelque peu le mari de sa patronne.

Les voyages extérieurs ne sont donc pas ceux qui fatiguent le chef, ce sont les voyages intérieurs; Les flatteries passent plus difficilement, parce que plus le temps passe, plus  les promesses doivent se réaliser. Nous sommes à la veille de la prochaine sortie du candidat Ouattara en campagne 2015 à Bondoukou; nous allons voir une nouvelle université sortir de terre comme un champignon fluorescent, qui accueillera déjà les étudiants de la rentrée académique d'automne.A cet agenda chargé, il faut rajouter la venue de François Hollande sur les bords de la lagune Ebrié, les 27 et 28 février, toujours selon la Lettre du Continent. Cette visite a été déjà reportée d'une quinzaine, mais nous ne savons qui de François ou de Dramane était débordé à cette date. Et puis on nous promet une nouvelle virée préélectorale en Vote d'Ivoire; cette fois-ci sur les traces du PDCI, dans la région de l'Ifou, chère  au fumeur de cigares et grand spécialiste de champagne français.

Ah, ce cher Président: pour ne pas perturber la circulation ô combien difficile à Abidjan aux heures de pointe, il commencerait son travail très tôt et le terminerait après les autres, d'après des confidences  recueillies par le journal Nord Sud...A l'heure ou certains prennent le chemin des boites de nuit,  comme Hamed Bakayoko ou le fraichement promu lieutenant colonel Wattao, un FRCI digne, un militaire qui aime le contact des civils, un habitué des lieux où l'alcool et la petite musique de nuit coulent à flot, très à l'aise avec les jeunes dames qui savent dégrafer son pantalon-treillis, et plus si affinité, - certaines photos à l'appui -, notre Ado prolonge sa journée de travail et planche sur des problèmes, aux solutions difficiles, à plusieurs inconnues: milliards, milliards, où êtes-vous?
 
Tout va donc très bien, le bateau Côte d'Ivoire, -depuis son discours de fin d'année-, navigue gaillardement au dessus des chantiers qui ne nourrissent pas les Ivoiriens. Le président va bien, le gouvernement va bien, la justice va bien, l'économie va bien, les exilés vont bien, ils rentrent en masse, des milliers à gauche, des milliers à droite. Alors pourquoi vient-il de repartir d'urgence en France comme nous l'apprend connectionivoirienne?

Les ivoiriens sont-ils des enfants pour qu'on ne leur dise pas ce qui se passe? Non, il faut poursuivre le plan A comme Alassane, parce que le plan B n'est pas encore mûr, il n'y a personne de sérieusement valable dans la sphère rattrapée pour remplacer un Ouattara malade et dépassé. Ah, si nous étions en monarchie, son épouse aurait été parfaite pour assurer la régence, assurer la transition. Si madame Ouattara avait eu la peau moins blanche, elle aurait pu être le joker de la France, femme d'affaire confirmée, femme à poigne, ne craignant pas le sang versé; certains acteurs de la période dite "post électorale" assuraient même qu'elle aurait été le commendataire du meurtre d'IB.

D'ailleurs, jamais ce régime n'a essayé de mettre sur le compte  d'un proche du président Gbagbo le meurtre du chef du commando invisible, comme il n'a pas oser s'aventurer dans la recherche des meurtriers du professeur Philippe Rémond, ce professeur de l'Institut National Polytechnique FHB, qui avait pris fait et cause pour la politique du président Gbagbo et milité pour une monnaie africaine dégagée du joug français; il avait été assassiné à Yamoussoukro dans une chambre d’hôtel le 31 mars 2011.

Non tout va bien, le FPI est bien occupé à trouver ses repères, ses ténors donnent de la voix, même si je doute que dans le théâtre politique ivoirien il lui soit donné autre chose que quelques strapontins au"poulailler".

La mort n’existant pas, nous sommes  toujours à nos 3000 morts de la ladite "crise post électorale", rien ne s'est passé depuis, ni Duekoué, ni Nahibly, juste quelques femmes d'Abobo assassinées sur ordre de Laurent Gbagbo, et qui nous font passer à 3007 morts. Personne ne meurt, pas même Mahan Gahé et tous les autres anonymes qui croupissent encore dans les geôles du pays. Ouattara aussi est immortel, et bientôt il pourra après le costume d'académicien d'Outre-Mer, endosser celui de roi des dozos, bardé d’amulettes porte bonheur.  

Alors, silence!  "Selon nos informations le chef de l’État ivoirien Alassane Ouattara a quitté Abidjan en fin de matinée dimanche 2 février 2014, en direction de la France. Pour ce nouveau voyage en dehors de la Côte-d’Ivoire, Alassane Ouattara était accompagné de son épouse Dominique Ouattara et d’une délégation réduite, selon nos sources. Aucune note officielle n’a encore filtré sur les raisons de cette sortie du numéro un ivoirien". Ouattara a repris son bâton de pèlerin pour faire rentrer des fonds dans sa chère Côte d'Ivoire, et s'il est reparti en fin de matinée, aujourd'hui dimanche, c'est encore pour laisser les coudées plus franches  à Kablan Duncan et son équipe,  ce soir il a juste prévu une petite soirée entre intimes: Ouattara et son épouse, en bonne marraine de la petite Julia Sarkozy, ont répondu à son invitation: elle n'aurait pas voulu manger ses crêpes de la Chandeleur loin d'eux, loin de leur affection.

Ne nous inquiétons donc pas, si les crêpes passent bien, tout ce petit monde sera de retour à Abidjan, bientôt, pour des aventures encore plus palpitantes.


Shlomit Abel, 2 février 2014

08:53 Écrit par Bermudas Weed | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

A dissenting opinion on Nelson Mandela

Nelson Mandela

What I am going to write here will doubtless make me unpopular with some readers, even if only because they will assume that what follows about Nelson Mandela is disrespectful. It is not.

So let me start by recognising Mandela’s huge achievement in helping to bring down South African apartheid, and make clear my enormous respect for the great personal sacrifices he made, including spending so many years caged up for his part in the struggle to liberate his people. These are things impossible to forget or ignore when assessing someone’s life.

Nonetheless it is important to pause during the general acclamation of his legacy, mostly by people who have never demonstrated a fraction of his integrity, to consider a lesson that most observers want to overlook.

Perhaps the best way to make my point is to highlight a mock memo written in 2001 by Arjan el-Fassed, from Nelson Mandela to the NYT’s columnist Thomas Friedman. It is a wonderful, humane denunciation of Friedman’s hypocrisy and a demand for justice for the Palestinians that Mandela should have written.

Soon afterwards, the memo spread online, stripped of el-Fassed’s closing byline. Many people, including a few senior journalists, assumed it was written by Mandela and published it as such. It seemed they wanted to believe that Mandela had written something as morally clear-sighted as this about another apartheid system, one at least the equal of that imposed for decades on black South Africans.

However, the reality is that it was not written by Mandela, and his staff even went so far as to threaten legal action against the author.

Mandela spent most his adult life treated as a “terrorist”. There was a price to be paid for his long walk to freedom, and the end of South Africa’s system of racial apartheid. Mandela was rehabilitated into an “elder statesman” in return for South Africa being rapidly transformed into an outpost of neoliberalism, prioritising the kind of economic apartheid most of us in the west are getting a strong dose of now.

In my view, Mandela suffered a double tragedy in his post-prison years.

First, he was reinvented as a bloodless icon, one that other leaders could appropriate to legitimise their own claims, as the figureheads of the “democratic west”, to integrity and moral superiority. After finally being allowed to join the western “club”, he could be regularly paraded as proof of the club’s democratic credentials and its ethical sensibility.

Second, and even more tragically, this very status as icon became a trap in which he was forced to act the“responsible” elder statesman, careful in what he said and which causes he was seen to espouse. He was forced to become a kind of Princess Diana, someone we could be allowed to love because he rarely said anything too threatening to the interests of the corporate elite who run the planet.

It is an indication of what Mandela was up against that the man who fought so hard and long against a brutal apartheid regime was so completely defeated when he took power in South Africa. That was because he was no longer struggling against a rogue regime but against the existing order, a global corporate system of power that he had no hope of challenging alone.

It is for that reason, rather than simply to be contrarian, that I raise these failings. Or rather, they were not Mandela’s failings, but ours. Because, as I suspect Mandela realised only too well, one cannot lead a revolution when there are no followers.

For too long we have slumbered through the theft and pillage of our planet and the erosion of our democratic rights, preferring to wake only for the release of the next iPad or smart phone.

The very outpouring of grief from our leaders for Mandela’s loss helps to feed our slumber. Our willingness to suspend our anger this week, to listen respectfully to those leaders who forced Mandela to reform from a fighter into a notable, keeps us in our slumber. Next week there will be another reason not to struggle for our rights and our grandchildren’s rights to a decent life and a sustainable planet. There will always be a reason to worship at the feet of those who have no real power but are there to distract us from what truly matters.

No one, not even a Mandela, can change things by him or herself. There are no Messiahs on their way, but there are many false gods designed to keep us pacified, divided and weak.

Jonathan Cook

08:51 Écrit par Bermudas Weed | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg